Projets du CultureLab

Projet des chaires junior d'excellence                             Thèses de doctorat                                         Projet ERC                                                       Projet ANR
 

Projets des chaires junior d'excellence

  •  Détection automatique des variations interculturelles dans les métaphores [en cours]

    Les personnes de cultures différentes encodent leur manière de penser dans leur utilisation de la langue. Le langage métaphorique, en particulier, à travers les métaphores conceptuelles (Lakoff et Johnson, 1980), peut servir de porte d'entrée vers les schémas de pensée de cultures distinctes à différentes périodes temporelles. Dans ce projet, nous allons explorer comment les métaphores conceptuelles varient entre des langues, anciennes et modernes, afin de déterminer si les différences entre les métaphores multilingues peuvent prédire des variations culturelles. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur des méthodes computationnelles pour détecter automatiquement les métaphores conceptuelles dans les différentes langues étudiées.

           Porteur du projet : Rowan Hall Maudslay

  • Approches computationnelles à l'évolution culturelle de la cuisine [en cours]

    Ce projet vise à étudier comment la culture culinaire évolue à travers le temps, en combinant des perspectives issue de la recherche en histoire, en informatique et en sciences de la culture. Il s'agit plus précisément d'explorer comment les cuisines, y compris les recettes, ingrédients, techniques et outils, émergent, se diffusent et changent à travers les sociétés et les périodes historiques. Cette étude cherche également à comprendre comment les facteurs culturels, sociaux et technologiques ont un impact sur la cuisine. Dans cette optique, elle s'appuiera sur des méthodes de la linguistique informatique et la modélisation multi-agents pour identifier les mécanismes qui motivent les changements, l'adaptation et l'innovation culinaires. Trois axes majeurs sont donc à distinguer: classer et comparer les cuisines à travers le temps et l'espace, retracer l'incorporation de nouveaux éléments dans les cuisines existantes, et étudier comment le numérique contribue à la viralité des recettes et des tendances culinaires. En combinant méthodes computationnelles et théorie culturelle, ce projet a pour objectif non seulement de construire une base scientifique solide pour la compréhension de l'évolution culturelle de la cuisine mais aussi d'élaborer de nouveaux outils et jeux de données qui pourront servir à de futures études interdisciplinaires. 
            Porteur du projet : Alexandre Bluet



Thèses de doctorat

  • Quand la peur devient virale : analyse computationnelle de l’évolution des contenus d’horreur en ligne [en cours]

    Nées sur les forums et réseaux sociaux du début du XXIe siècle, les creepypastas constituent un phénomène littéraire inédit, à la croisée du folklore, de la culture numérique et de la littérature. Ces récits courts et effrayants, souvent accompagnés d’images ou de vidéos, ont donné naissance à un imaginaire et à une poétique nouveaux, fondés sur la viralité, l’interactivité et l’hybridité des supports.
    Cette thèse propose d’analyser la genèse et l’évolution de ce genre, en mobilisant une approche computationnelle croisée des textes et des images. Par l’alliance d’outils d’analyse textuelle et de vision par ordinateur, elle cherche à décrire les formes, les motifs et les codes propres aux creepypastas, tout en interrogeant les processus de canonisation et de légitimation littéraire à l’ère du numérique.

           Doctorant : Alexandre Lionnet
           Encadrants : Daniel Stockholm (EPHE-PSL) & Florian Cafiero (ENC- PSL)

  •  La transmission médiévale de l'historiographie mérovingienne. Une étude philologico-computationnelle de textes et leurs manuscrits [en cours]

    Le projet examine la circulation manuscrite des plus anciennes œuvres historiographiques franques conservées (les Historiae de Grégoire de Tours, la Chronique dite de Frédégaire et le Liber Historiae Francorum). Il trace leur chronologie, leur géographie, leurs milieux culturels de diffusion et leur rôle dans le développement d'une tradition historiographique distincte.
    Il examine également les effets de la dynamique de transmission sur les œuvres elles-mêmes au cours de leur transmission, en termes de modifications cumulatives, de contaminations, d'instabilité textuelle ou de fixation des recensions canoniques, tentant ainsi d'éclairer le processus global de (re)circulation du savoir historique.
    Le projet de recherche adopte une approche transdisciplinaire, s'appuyant sur la stemmatique computationnelle, la codicologie, l'histoire des textes et l'histoire de l'historiographie.
            Doctorant : Alessandro Gnasso
            Encadrant : Jean-Baptiste Camps (ENC-PSL) & Katarzyna Kapitan (ENC-PSL)

 

Projet ERC

  • The Lost Manuscripts of Medieval Europe: Modelling the Transmission of Texts  [en cours]

    Dans les courants de l’évolution culturelle, le destin des artefacts écrits dépend de l’équilibre délicat entre les préférences culturelles et le hasard. Comment les textes, comme les organismes vivants, connaissent-ils un processus de préservation, de transformation ou d’extinction? Pour répondre à cette question, le projet LostMA, financé par le CER, associera l’IA, les sciences de la complexité et l’expertise philologique afin de percer les mystères de l’écart entre la transmission textuelle et le pur hasard. Se concentrant sur la littérature chevaleresque dans un contexte européen, l’équipe utilise l’apprentissage profond pour la collecte de données à grande échelle sur 4 000 documents. Cette approche novatrice ne se contente pas d’examiner la transmission des textes, mais remet également en question le rôle du hasard dans l’élaboration des canons culturels.
           Porteur du projet : Jean-Baptiste Camps

 

Projet ANR

  • Le rôle de la cognition appliquée aux contenus imprévisibles dans l'évolution de l'écriture (UNPREDICTABLE) [débute en janvier 2026]

    L'apparition de l'écriture a marqué un tournant dans l'évolution de la communication et de la cognition humaines. Elle n’a pourtant pas évolué de manière indépendante dans la plupart des sociétés humaines, qui pendant des millénaires, n'ont utilisé que des codes graphiques spécialisés représentant des types d'informations spécifiques - emblèmes, nombres, unités calendaires. Dans les sociétés qui ont inventé l'écriture de manière indépendante, la notation de la parole est précédée par des notations spécialisées, et elle est d'abord utilisée pour des formes d’écriture télégraphique, n’aboutissant à la notation de phrases complètes que des siècles plus tard. Ce projet tente de décrire ce phénomène, d'en fournir une explication cognitive, et d'explorer les implications plus larges des mécanismes psychologiques sous-jacents. Nous émettons l'hypothèse que le contenu contextuellement imprévisible est plus susceptible d'être encodé : on écrit d’abord ce qui ne peut pas être deviné. Nous testerons trois hypothèses : (H1) certains types de contenu sont systématiquement plus prévisibles que d'autres, d'une manière qui, dans une certaine mesure, résiste aux variations historiques et interlinguistiques; (H2) les gens peuvent détecter le contenu imprévisible et lui attribuent une valeur cognitive ; (H3) l'évolution de l'écriture devrait suivre une séquence commençant par l'invention et l'utilisation de codes pour les contenus hautement imprévisible (par exemple, les quantités numériques), et finissant par l'encodage du contenu prévisible (par exemple, les articles ou les prépositions). Le projet repose sur trois méthodologies différentes : des méthodes linguistiques computationnelles sur de grands corpus de textes permettront de tester H1 ; H2 sera testée en menant des expériences pour vérifier que les participants détectent les types de contenus imprévisibles en tant que tels ; nous testerons H3 par une étude systématique de l'évolution culturelle des codes graphiques.
           Porteur du projet : Olivier Morin (ENS)